30 septembre, c’est la date du premier match de championnat des Foxes. A domicile contre Boncourt. Après une très belle saison 2017-2018 et une qualification pour les play-offs, quels sont les objectifs et les résultats attendus pour cette année ? Questions posées à Randoald Dessarzin, coach expérimenté des Pully Lausanne Foxes à un petit mois de cette première rencontre officielle.

Randoald Dessarzin

Avant cette nouvelle saison quelles sont vos attentes pour les Pully Lausanne Foxes ?

Que les joueurs assument. Il faut oublier qu’on est en deuxième année en LNA puisque l’effectif a été à 80% renouvelé. On a fait place belle aux jeunes, y compris pour les joueurs américains. En effet, pour ces derniers, nous ne sommes pas dans la cour des équipes qui peuvent se permettre des joueurs expérimentés ou des rookies avec un statut plus important que celui que nos Américains avaient dans leurs universités respectives. Donc à un moment, on doit construire sur la confiance de ce qui a été fait l’an passé, notamment chez les U20. Mais on repart tout de même à zéro. Il y a un écart énorme entre un joueur suisse – même auréolé d’un titre U20 – et un joueur expérimenté ou un étranger de haut niveau.

A l’entre-saison, beaucoup de joueurs expérimentés sont partis, regrettez-vous ce renouvellement ?

Non, je ne regrette rien, c’est le contrat que j’ai avec mes dirigeants. J’ai une double mission : je dois développer nos espoirs et… faire gagner le plus grand nombre de matchs possible. Sauf que nous ne parlons pas ici de deux ou trois joueurs de 20 ans, mais bel et bien de la moitié de l’effectif, entouré par 3 joueurs US et Alex Hart qui, à 4, cumulent les… 8 mois d’expérience professionnelle d’Anton Wilson. C’est donc une année de tous les dangers. Le championnat est extrêmement relevé et nous sommes, maintenant à la fin août, moins forts que l’an passé.

Nous avons perdu des joueurs d’expérience, tels Tony Brown ou Badara Top. De plus, nous avons perdu notre meilleur scoreur Wade, un intérieur dominant Cleare, qui n’est pas facile à remplacer, il manque aussi l’expérience européenne de De Lattibeaudiere. Tout cela est difficile à remplacer.

Mais pourquoi n’avoir pas avoir renouvelé les contrats de joueurs étrangers tels Cleare ou Wade ?

C’est la traditionnelle histoire de ces joueurs qui ont fait une bonne saison en Suisse. Ils pensent que leur agent va leur trouver une place dans une ligue plus prestigieuse ou dans une équipe plus prestigieuse de Suisse. Or ce n’est pas le cas. Ils n’ont pas voulu revenir et nous avons pris d’autres joueurs.

Et des craintes pour cette saison ?

Mes craintes sont que les joueurs ne comprennent pas que notre jeunesse doit être une force. On va leur octroyer beaucoup de confiance, mais les joueurs doivent s’en saisir.

De plus, les jeunes qui étaient là l’an passé ont déjà un autre statut que les nouveaux qui arrivent. Une carrière de joueur passe vite, ces « anciens » ont un rôle plus fort à jouer. Les principes offensifs et défensifs sont les mêmes. Une de mes craintes est que ces « anciens » ne comprennent pas que leur statut et leur degré de responsabilité ont changé.

Si chacun prend, comprend sa place et son rôle, cela va créer la dynamique collective que je souhaite. Si par contre cette dynamique collective n’arrive pas, on restreindra la rotation et nous jouerons à sept ou huit. Ce n’est pas du tout l’intention car la dynamique collective doit être une force. Un joueur, même s’il est appelé à jouer 3 minutes, ce qui peut paraître peu, doit être décisif pendant ces 3 minutes où il se met au service de l’équipe. Et cela, c’est une responsabilité. Cela vaut aussi pour les joueurs étrangers. Si chaque joueur comprend que la dynamique collective peut être une force, ce sera positif.

Propos recueillis par StéArm